Le petit bourgeon des enfants.

Cette semaine, sur ma page Instagram de la garderie.lesdoublesr, j’ai reçu un message d’une personne qui m’expliquait qu’elle était allée dans une garderie et elle y avait vu des enfants de 4 ans faire un bricolage « SUPERdirigé ».

 « Diriger » veut dire que : l’éducatrice indique à l’enfant où placer les morceaux, les papiers, tel que, où vont les yeux, le nez, etc. sur le bricolage de l’enfant. Le but de ce genre de bricolage, tant qu’à moi, est que le résultat final soit parfait et que les parents soient fiers de recevoir un aussi beau bricolage.

Il est évident que ce type d’activité peut être fait lorsqu’on veut apprendre une certaine technique, comme la technique du papier froissé par exemple. Il faut suivre certaines consignes pour créer avec cette technique, mais il faut tout de même être capable de laisser de l’espace pour que l’enfant puisse donner sa couleur à SON bricolage, au lieu de tout faire identique.

Comme vous pouvez surement comprendre, une activité fermée de la sorte ne permet pas à l’enfant de faire :

  • les choix qui lui conviennent ;
  • preuve de créativité ;
  • D’exprimer sa personnalité par ses choix, sa façon d’entreprendre l’activité, etc. ;
  • De communiquer avec les autres ce qu’il a décidé de faire ou de créer, etc. ;

Je me rappelle avoir reçu bon nombre de « bricolages dirigés » de ma fille lorsqu’elle était en garderie, en me disant : « C’est évident que ce n’est pas elle qui a fait ça, elle a 3 ans! ». J’ai également vu des éducatrices replacer les morceaux du bricolage de certains enfants pour que ce soit « plus beau ». Je me demandais toujours : c’est quoi le but ?

Est-ce que c’est notre processus créatif ou c’est celui de l’enfant qui se développe et qui est après apprendre/évoluer/grandir/s’épanouir, etc. ?

Je vais vous raconter ce que la répétition de ce type d’activité a créé chez MA fille lorsqu’elle était devant une page blanche:

  • Une mauvaise estime de soi.
  • Elle avait peur de ne pas être capable de faire correctement.
  • Elle n’était pas capable d’imaginer comment faire un dessin d’un bonhomme. Donc, dans sa tête, elle n’était même pas capable de voir un bonhomme et être capable de le reproduire. (Ce qui a également affecté son jeu symbolique… elle n’était pas capable de s’imaginer un jeu, de faire parler les bonshommes, ou de raconter une histoire en regardant les images.)
  • Elle avait peur qu’on rie d’elle et de ses dessins (ce sont ces mots, pas les miens).

Vous comprendrez, qu’une fois dans ma garderie, j’avais beaucoup de travail à faire au niveau de la reconstruction de son estime de soi, de l’aider à développer son imagination et de l’encourager à essayer de dessiner sur une page blanche.

Honnêtement, ça me brisait le cœur de la voir pleurer parce qu’elle ne savait pas comment faire et que je la voyais regarder les amis à côté d’elle commencer à dessiner sans hésitation. J’ai dû faire preuve de beaucoup de patience et malgré mon cœur de maman qui était gros, je l’ai laissé vivre ses émotions de colère, de déception et de peine, tout en m’assurant d’avoir les bons mots pour la réconforter et l’aider à surmonter cette étape.

Son premier dessin était un bonhomme n’avaient pas de nez ni de doigt, pour qu’elle rajoute des lettres, sa représentation de sa couleur de peau et plusieurs doigts à la fin.

Comme vous voyez, ses dessins ont tellement évolué en si peu de temps. C’est la même chose avec son jeu symbolique. Maintenant, lorsqu’elle s’amuse avec ses Legos, par exemple, elle fait parler ses bonhommes ensemble. Elle crée une histoire et des dialogues et j’en suis vraiment fière.  En si peu de temps, nous avons été capables de surmonter le tout (environ 3 mois).

Si vous faites des activités artistiques avec les enfants, c’est important de leur laisser une certaine marge de manœuvre, de participer aux activités avec eux, de démontrer de l’ouverture face à leur processus de création. Soyez engagée dans le moment, faites preuve d’émerveillement face à ce qu’ils font et ce qu’ils créent.

Encourager le processus créatif au travers lequel l’enfant évolue, au lieu de se concentrer sur le produit final. Commentez les dessins et l’originalité de ce dernier. Inscrivez l’histoire et les détails que l’enfant vous raconte lorsqu’il explique son dessin.

Il ne faut surtout pas oublier que les enfants sont naturellement créatifs et que c’est notre travail, en tant que personnel éducateur ou parent, de leur donner la liberté, l’espace et le matériel nécessaire, pour que leur petit bourgeon intérieur puisse se développer et que l’enfant devienne une belle fleur unique en son genre.

Cela peut vous paraître “nono”, mais les activités artistiques aident votre enfant à être comme il souhaite, au lieu d’être comme les autres. Et je ne sais pas pour vous, mais quant à moi, je crois que c’est important d’apprendre à nos enfants et aux futures générations à être eux-mêmes.

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Je suis une maman et une éducatrice. J’essayerai, par mes textes, de vous donner des conseils au meilleur de mes capacités. Aussi, je vous démontrerai que vous êtes rarement seule dans certaines situations. Xxx

One thought on “Le petit bourgeon des enfants.

  1. Vous êtes tellement agréable à lire. Votre dévouement est tout simplement contaminant. Je viens de demenager à Carignan et j accouche bientot. C est sur que je passerais visiter votre cocon d’amour pour les petits poussins.

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